mayo 2008 - AÑO 2 - N° 3 - español - Português- Français - Kreyòl

LES TEMPS NOUVEAUX DE L'ARCHE

Lors de la dernière réunion du Conseil d'Administration International de la Fédération ( CAI), qui avait lieu en mars dans la ville Lviv – Ucraine; nous avons eu le privilège d'être témoins des temps nouveaux que nous sommes en train de vivre dans notre vie de l'Arche, sur le plan communautaire, culturel et politique.Ione Xavier Aparecida, en Ucrania

(Ione Aparecida Xavier en Ucrania)

La réunion, dont l'un des points était de réfléchir sur l'importance de vivre les temps nouveaux de l'Arche, sur tout à porpos des nouvelles structures; on a été marqué par la vie communautaire avec la nouvelle communauté de Lviv, nous avons été très chanceux d'être contaminés par l'infatigable dynamisme de Zenia Kushpeta, membre fondateur de l'Arche en Ucraine, qui nous a présenté Miroslac, ex – dissident , qui a passé plusieurs années dans le Goulag, professeur d'université et défesseur des droits de l'homme, il nous a parlé un peu de son histoire politique et surtout a partagé ce que sont en train de vivre les Ucrainiens durant cette recherche d'une vraie démocratie.

Dans le froid incroyable de la ville, nous avons pu connaître la proposition intéressante de cette communauté, qui n'a pas de foyer, mais quatre ateliers occupationnels, qui travaillent harmonieusement avec les communautés de Foi et Lumière, ces dernières ont été acceptées comme membres probatoires de la Fédération. Nous avons constaté une nouvelle étape d'ouvertur de l'Arche pour ce type de projets dans nos réalités différentes. Personnellement, je vous avoue qu'être pour la première fois dans un pays récemment indépendant, après avoir vécu beaucoup d'années sous un système socialiste, ça m'a donné la dimension humaine et profonde de notre société dans laquelle ses membres vivent divisés et en même temps luttent pour une démocratie vraie. Je pense que Lviv a été choisie par Dieu, à travers Zenia et ses amis, pour commencer une mission très spéciale qui peut les aider à racheter leur dignité humaine comme nation.

C'est un cadeau pour nous de savoir que l'Arche, comme l'Ucraine, vivent des temps nouveaux.

 

Ione Aparecida Xavier

President du Conseil Administratif de Zalca,

ioxavier@uol.com.br

hablan ellos

““Ca me plait parce que nous sommes tous egaux"

Je vis à l'arche de Choculeta au Honduras depuis 21 ans, on m'appelle Santos, mais mon nom compet, c'est Santos Hermenegildo Osorto; je suis fier de dire que je suis le fondateur de l'Arche de Choculeta.

Vivre à l'Arche a été quelque chose de bon pour moi, parce que je vis tranquilement, j'apprécie l'amour qu'il y a entre tous, la tendresse et aussi les personnes qui se préoccupent de moi. J'aime qu'à l'Arche nous sommes égaux; parfois, nous nous disputons, mais ça ne dure pas, et on demande pardon.

Moi, ce qui me plairait, c'est qu'il y ait plus d'assistants à l'Arche, pour le moment, il y en a très peu. Je travaille dans l'atelier de l'Arche, je fais des hamacs très coloré, je ponce des tables; ils me payent, mais très peu.

Je vais aussi travailler à l'extérieur de l'Arche, au San José Obrero, tenu par un prêtre dont je ne me souvient pas du nom; là-bas, je fais le jardinier, je nettoie la pelouse, ramasse les feuilles, là, ils me payent bien.

Tu sais ce que je fais avec l'argent que je gagne?, je le garde pour acheter des chaussures, des vêtements, des caleçons et ausi, ce qui me plait le plus, c'est m'acheter un Coca-Cola, je sais que le coca n'est pas bon pour la santé, mais ce n'est pas facile d'arrêter. Paty me dit que je dois arrêter d'en boire, mais la vérité, c'est que je ne peux m'en passer facilement, mais j'essaye.

Quand j'étais petit, j'allais dans une école où j'ai appris beaucoup de devinettes, je vais t'en raconter quelques-unes, mais tu dois les deviner ...

  1. Que dit un cadre au mur? ... Excuse-moi de te tourner le dos.
  2. Que dit un oeil à l'autre? ... Nous vivons si proche l'un de l'autre que nous ne pouvons pas nous regarder.
Ca t'a plu? , je t'en raconterai d'autres plus tard. Santos Osorto L'Arche de Choculeta – Honduras

Tina BovermannA la renconter du Mexique

Arrivée, dormir et partons à la découverte de la ville, la capitale du pays qui va m'accueillir pour deux mois. Dans l'avion, nous avions du mal de croire ce que nous voyions, une ville si grande. Au milieu des gens, cette européenne que je suis se demande ou elle se trouve?, cela n'est pas un pays en voie de développement; on dirait que nous sommes au nord de l'Amérique, mais après, il y a des groupes d'indigènes qui sont venus de la campagne et dorment dans les rues. Quelle est la valeur ajoutée de tous ces policiers qui tentent d'organiser le trafic?

 Avec mon espagnol un peu limité, je me mets à la recherche d'un adaptateur pour mon appareil photo, j'ai oublié le mien à la maison. Il y a plusieurs magasins, je découvre des gens serviables, cordiaux, prêts à m'aider pour que je puisse m'en sortir et aussi curieux à propos de mes origines.

Après une semaine, je me rends à Querétaro. Je me rapproche de la communauté de l'Arche, mais je n'y vis pas encore; premièrement, je fais un séjour en immersion dans le centre de la ville, chez une amie d'une amie; ça aussi, c'est typique. Ici, on s'entre-aide comme ça et les gens n'ont pas peur, ne sont pas méfiants; ils sont fiers de présenter leur pays, leur ville!! Et comme ils sont patients avec les limites linguistiques de cette étrangère.

Finalement, j'arrive à la Communauté, elle est très petite, mais avec beaucoup de vie. Un foyer, un atelier et plein de relations, d'amitiés avec les gens de Santa Barbara, le quartier où se trouve le foyer. J'ai quelques difficultés pour m'intégrer, je comprends moins de la moitié de ce qu'on me dis; mais Ivan, José, Moi, Anna-Laura et Berthe me laissent le temps, de même que les assistants. Nous nous observons, nous faisons connaissance, je suis un cours de langue.

Le foyer devient ma maison. Je vais comme ça, découvrant le pays et surtout, je découvre les hommes et les femmes. Assise sur la place des Armes de Querétaro, je regarde les gens passer, c'est un point de rencontre devant l'église de Santa Barbara, après la messe, quand tout le monde discute et parle. Le bus, les places, les rues et les magasins se transforment en théâtre. Au fur et à mesure que mon espagnol progresse, je suis invitée à entrer en scène et c'est pourquoi, le fait d'être européenne, blonde aux yeux bleus, dans un pays avec une histoire si forte de colonisation, ce n'est pas si facile.

Derrière la façade d'être mexicains fiers de son pays, prèts à faire face et rire avec nous, les vestiges vécus sous l'occupations et une identité d'origines multiples, espagnole ou autres sont présents.

En seulement deux mois, je n'ai pu découvrir qu'une petite partie de cette mosaïque qu'est le Mexique. Nous devons revenir, pour le pays, pour Ivan et Bertha, pour Cris et Rodrigo, pour Chavo et Moi, pour Nancy et José, pour Rafa et Anna-Laura, Vero et Kathy et pour tant d'autres.

Tina Bovermann

Responsable de la Communication à la Fédération


Témoignages

Apprendre avec la différence

Je suis médecin oncologue pédiatrique et je travaille dans le secteur publique de l'état; cela me fait penser qu'en comptant toutes les conditions difficiles de travail et la mauvaise rémunération, mon cota quotidien de philanthropie est déjà accompli. Mais ce qui est important, c'est que j'aime vraiment ce que je fais. En plus d'être médecin, j'apprécie aussi lire et cuisiner.

Et c'était en cuisinant un dîner pour des amis, il y a sept ans, que j'ai rencontré Ione, aujourd'hui présidente du Zalca et une grande amie. Un jour, une autre amie me pria de faire un repas pour l'Arche du Brésil, avec comme objectif de rassembler des fonds, de chercher plus de collaborateurs et lancer la Communauté; motivé par quelqu'un pour qui mon dîner aurait tout ce pouvoir, j'ai considéré la proposition comme irrévocable et me suis mis à disposition le nombre de fois que ce fut nécessaire, mais avec une condition : Que je ne doive jamais visiter la Communauté, la condition fut acceptée, les dîners se réalisèrent de façon suivie et les années passèrent ainsi.

Aujourd'hui, je suis le Président du Conseil d'Administration de l'Arche du Brésil et face à ma résistance initiale, je me demande encore ce qui s'est passé pour une telle transformation : d'être une personne prévenante et intolérante, incapable de lutter contre les limites des autres ou sans doute contre les siennes, jusqu'à devenir le leader affectif et engagé. D'athée peu convaincu, à amoureux crédule, pas à pas, j'ai avancé en dessinant une nouvelle forme d'être et de penser. La religion seule ne l'explique pas.

Le contact avec une personne qui ne parle pas, ou parfois qui n'entend pas, handicap qui semble l'enfermer dans son propre monde, remet en question nos propres limites et interroge nos valeurs; la rencontre qui provoqua ce qui m'est arrivé.

Des expériences extraordinaires comme le jour où je rentrais d'un des foyers de l'Arche de Sao Paulo, après une bataille bureaucratique sans fin dans un tribunal de famille de Lapa (quartier de Sao Paulo), j'étais victorieux avec les certificats de tutelle dans les mains, grâce auxquels on fera face à d'autres batailles en cherchant les gains sociaux pour deux de nos personnes accueillies.

C'était une nuit froide, ils avaient fait du feu dans la cheminée, j'étais fatigué et je suis resté à regarder le feu, quand soudain j'ai remarqué que Tiago et Anderson s'étaient placés à mes côtés, laissant le rythme soutenu des assistants continuer sa route, préparant le dîner et les autres personnes accueillies courant d'un bout à l'autre, ou regardant la télé. Seulement Tiago , Anderson et moi étions ensemble, admirant le feu.

C'étaient justement les deux personnes dont je venais de recevoir la responsabilité juridique de tutelle. Un sentiment inexplicable me prit; eux le devinèrent, oui, ils le savaient et étaient là à mes côtés, comme remerciant, comme faisant la fête avec moi. Dans le silence de leurs déficiences, ils le savaient. Avec le cœur serré comme je ne l'avais plus été depuis longtemps, tellement rempli, tellement heureux, cela suffisait. Jamais dans ma vie je n'avais senti Dieu si présent.

Rui Terenci

Présidente Conseil administration

rui.terenzi@uol.com.br

DEPUIS L'ESPAGNE

Les communautes de Catalogne: La Ruche et Els Avets

Il y a 30 ans que l'histoire de l'Arche a commencé en Espagne, plus spécialement en Catalogne, au Nord-Est du pays. Un médecin à la retraite, le Docteur Pujol, avec sa femme et son fils Joan ayant une trisomie, ont décidé de former une communauté dans une maison en pleine campagne, dans le village de Tordera et ont décidé d'acceuillir des personnes ayant une déficience intellectuelle, en particulier les plus vulnérables. Les jeunes qui s'associèrent à ce projet furent nombreux. De cette manière la communauté El Rusc (qui signifie La Ruche en catalan, la langue parlée en Catalogne). Dès le début, le Docteur Pujal était en contact avec l'Arche et ensuite la communauté a fait partie de la fédération. Des années plus tard, cette communauté a reçu une maison en héritage dans le village de Maia, à 90 kilomètres de Tordera, elle a été donnée par une dame française qui connaissait bien les communautés de l'Arche. On se décida à ouvrir une nouvelle communauté et on lui donna comme nom de Els Avets , en souvenir de deux grands abbés qui présidèrent l'ouverture du premier foyer. Els Avets a célébré son 25ème anniversaire l'année passée.

Aujourd'hui, La Ruche accueille 17 personnes dans deux foyers et un atelier. Els Avets accueille 20 personnes aussi dans deux foyers et un atelier. Dans les deux ateliers, on élabore des produits artisanaux comme du papier recyclé, de la céramique, de la mosaïque, des boucles d'oreilles ... et on travaille aussi pour des entreprises de matériel scolaire.

Nos communauté, bien qu'aujourd'hui, elles fonctionnent de façon autonome, partagent une grande part de son histoire. Actuellement, nous sommes dans une étape où chaque communauté a sa propre vie, intégrée dans le village qui l'acceuille, avec beaucoup de nouveaux projets d'agrandissement et d'intégration.

Nous sommes très intéressés par le fait d'unir nos efforts et de créer des liens d'amitié avec les communautés d'Amérique Latine surtout que, bien qu'une grande distance physique nous sépare, nous partageons la même langue, la même spiritualité et la même façon de vivre avec les personnes ayant une déficience intellectuelle. Ce petit article est un témoignage de notre volonté d'avoir unemeilleure relation dans le but d'en savoir un peu plus sur les communautés et créer des liens d'amitié.

 

Por: Roser Blázquez

Responsable de la communication. Arches d' Espagne

 

comunicacio@ruscavets.org