L'importance de grandir en communauté
Au mois de janvier dernier, le CAZALCA s'est réunit au Mexique pour notre conseil régulier de la zone et aussi p our visiter nos communautés du D.F. et de Querétaro.
(sur la photo : Tayo et Cinthya du Mexique d.f.)

Le Mexique, unique pays d'Amérique latine situé à la frontière des Etats-Unis, représente bien le pont pour la croissance (économique), pour beaucoup un rêve, une espérance de vie meilleure pour beaucoup de familles.
Vous pouvez constater cela personnellement, lorsque vous passez trois heures dans un bus sur la route jusque Querétaro avec un paysan qui rentre des Etats-Unis pour rendre visite à sa famille. Celui-ci n'a pas vécu dans une famille structurée durant son enfance car son papa avait laissé sa mère avec les petits; cet homme de 28 ans qui ne m'a pas dit son nom, m'a raconté tous les efforts qu'il faisait, lui, pour donner le meilleur à ses fils et à son épouse (voiture, ordinateur …), ce qu'il a parvenu à faire grâce à toutes ces allées et venues jusqu'aux Etats-Unis, passant la frontière de façon illégale.
Je me suis mis à penser à notre histoire en Amérique latine, à nos familles qui ont la même histoire que cet homme et qui luttent pour une vie meilleure, croyant que la joie immédiate ou celle de la génération suivante, se trouvera en dehors de leur terre natale. Je pense aussi aux histoires de nos communautés de l'Arche de la zone, qui dans leur grande majorité, furent fondées par nos frères étrangers qui ont apporté l'espérance d'un nouveau monde, vu comme un chaudron d'or, au milieu des plus pauvres en Amérique latine.
J'ai pensé également à la manière dont beaucoup de jeunes de nos pays, trompés par le même rêve de ce paysan, ont été à la recherche de son chaudron d'or.
J'ai appris, après 21 ans de vie commune, qu'il y a des différences entre la croissance que nous propose le monde capitaliste et globalisé que nous connaissons tous et la croissance que nous propose l'Arche. C'est un fait que les deux nous obligent à regarder l'avenir et faire le pas, réaliser des choses, des rêves ... La croissance est souvent associée au fait de posséder des choses, d'accumuler des biens... Mais dans nos communautés, grandir est un acte de courage, c'est une réalité, cela n'est pas facile. Dans la vie communautaire, la grande différence est que nous sommes tous appelés à réfléchir sur la manière dont nous voulons grandir. Réfléchir sur comment Dieu nous aime dans chaque étape de la croissance. Cela implique d'être attentif aux besoins de mon frère, ce qui est le coeur de nos communautés et est représenté par la personne ayant un handicap.
De plus, j'ai appris qu'être en chemin de croissance jusqu'à Dieu implique d'être conscient de nos propres souffrances.
Cela explique qu'il est plus aisé de vivre dans notre monde capitaliste, dans lequel je cherche la croissance sans réfléchir à propos de ce que Dieu veut de moi. Mais lorsque nous découvrons le véritable appel de Dieu dans notre vie communautaire, nous pouvons facilement laisser les choses de ce monde avec plus de confiance dans l'Esprit. Laisser l'Esprit conduire nos vies jusqu'à la véritable alliance de Dieu.
Être avec nos frères du Mexique nous a permis de voir comment eux vivent une nouvelle et importante étape de croissance. En ce moment, les réflexions en communauté sur la vie communautaire sont décisives pour cette nouvelle étape. C'est le moment de nous unir comme communauté et d'accepter que l'Esprit nous conduise.
Je continue en priant non seulement pour nos frères mexicains, pour qu'ils parviennent à avancer dans cette étape, mais en ces moments de profonde réflexion sur notre identité en tant que Zone, je prie aussi pour toute notre Amérique Latine.
Ione Aparecida Xavier, Président du Conseil d'Administration ZALCA
« Dans mon travail, je me sens plus en communication »
Le texte suivant a été écrit par Marli Gomes dos Santos, un des membres accueillis par l'Arche de Sao Paulo, Brésil.
Bonjour, je suis Marli et je vis à l'Arche de Sao Paulo. J'aime travailler ici, dans le bureau. Je fais les poussières, passe la serpillère, vide les poubelles. En plus de cela, j'aide à chercher des dossiers dans les archives.J'ai aussi d'autres occupations : j'aime ordonner les chaussures de sports que l'on vend dans le bazar et passer les messages que l'on me donne, et ce aussi par téléphone.
J' ai commencé à travailler au bureau parce qu'une entreprise de communication (Ericsson) a dit à l'Arche qu'ils voulaient m'employer et eux m'ont demandé si je voulait travailler dans le même bureau de l'Arche et ils me payent aussi. Je suis assistante de bureau .
Avant tout ça, j'ai été à l'école. J'y ai appris les tables de multiplication et à mieux lire. Les professeurs m'ont enseigné à faire des devoirs. Les compagnons de classe m'ont aussi aidé à réaliser les tâches.
J'aime travailler au bureau parce que j'y fais beaucoup de choses et aussi parce qu'avec l'argent je peux m'acheter des choses, j'achète des boucles d'oreille, aussi du fromage, des croquettes et des rafraîchissements que je partage au foyer.
J'aime beaucoup aller faire des courses avec Terlice ou Ednalva. Leur façon de m'aider, lorque je choisis quelque chose que je veux acheter, me fait rire.
Dans mon travail, je me sens plus en communication parce que je dois répondre au téléphone et parler avec d'autres personnes et ça me plait beaucoup.
Terlice et Ednalva m'aident en m'enseignant à allumer l'ordinateur et dans tout ce que je fais. Elles me demandent de tapper des petits textes et d'envoyer des courriers electroniques par internet et, quelque chose de très important, j'ai un compte en banque.
Marli Gomes dos Santos, Arche du Brésill - arcadobrasil@uol.com.br
Je suis volontaire à l'Arche d'Argentine et je voudrais partager mon témoignage sur une expérience très belle que j'ai eue avec Osvaldo, que la Communauté a accueilli après Sandra et Maxi. En plus d'avoir besoin d'une canne ou d'une chaise roulante pour se déplacer, Osvaldo a aussi des difficultés pour s'exprimer avec des mots et il a souvent recourt à des gestes et répète des mots qu' il sait que nous comprenons.
La vérité est que je n'avais pas d'affinités avec lui et que je ne comprenais donc pas bien ce qu'il voulait me dire.Je pensais qu'il répétait toujours la même chose et qu'il ne s'exprimait pas, bien qu'on m'avait dit, qu'à sa manière, il pouvait raconter ce qui lui arrivait. Un samedi, j'étais avec lui, avec Maxi et une assistante. Ce jour-là, je n'étais pas bien, et je me suis rappelée la maison pleine de gens, comme ça se passe à d'autres moments et comme il me plaisait de rencontrer les autres et pouvoir discuter avec certains.
L'assistante avait quelque chose à faire avec Maxi et me demanda si je pouvais m'occuper d'Osvaldo. Je pense que cette situation fut une providence de Dieu (parce que Dieu nous donne ce dont nous avons besoin).
Je ne savais que faire avec Osvaldo . Je lui ai dit que j'allais prendre un maté (notre boisson typique) avec des galettes et lui ai demandé s'il voulait m'accompagner. Il m'a dit avec des signes qu'il ne voulait pas de maté, parce qu'il avait mal au ventre, alors je lui ai proposé un thé et il a accepté. Nous avons commencé à parler. Je disais à haute voix ce que je pensais avoir compris, pour être sûre que c'était bien cela, et lui acquiessais ou au contraire me disait que ce n'était pas cela, d'autres fois il s'énervait. Je ne sais pas si c'était contre lui ou contre moi parce que je ne le comprenais pas et il réessayait de parler. A ce moment-là, je me suis rappelée d'une chose que j'ai apprise de Mireya (ancienne présidente de la zone latino-américaine et des Caraïbes) lorqu'elle est venue visiter la communauté d'Argentine. Elle nous avait raconté que lors d'une réunion avec Maxi, avant de commencer à parler avec lui, elle lui avait demandé pardon parce qu'elle n'allait pas pouvoir comprendre tout ce qu'il dirait. Alors, moi aussi j'ai demandé pardon à Osvaldo et je lui ai dit que parfois je comprenais et parfois non.
Je lui ai dit aussi que j'étais triste ce jour-là et qu'on avait enterré un ami prêtre. Et Osvaldo m'a raconté son expérience à propos de la mort de ses parents. Après il m'a raconté les nouvelles du foyer.
Je crois que se lier avec Osvaldo est plus difficile, et que cela m'oblige à sortir de moi et à porter toute mon attention sur lui. Et je n'ai pas pu ou pas voulu faire cet effort. Je me rends compte qu'à plusieurs reprises, je dédie peu d'attention aux autres, je reste centrée sur moi-même et sur mes soucis ou je fais comme si j'écoutais mais je n'écoute pas réellement et je ne fais pas d'effort pour aprofondir mes relations.
Je prends aussi conscience que le problème n'était pas tant lié aux difficultés d'expression d'Osvaldo qu'au fait que je ne pouvais pas le comprendre (avec facilité je rejette la faute sur les autres, c'est plus facile pour moi!).
Je me rappelle qu'une fois, je parlais avec Juan (assistant) à côté d'Osvaldo, Juan me dit : « Quand il ne veux pas qu'on comprenne ce pour quoi il prie, il le fait ... » et je l'ai imité en chantant tout bas quelque chose dont ils ne distinguèrent pas les paroles. J'ai commencé à prêter attention à cela lors des prières communes et il m'a semblé que Juan avait raison, que véritablement, ce que fait Osvaldo, c'est prier et je crois que la prière de l'Esprit est en lui. Osvaldo prie de cette manière, seul, et ce parfois durant la prière communautaire ou la messe.
Lors de quasi toutes les prières, il dit que ça le touche beaucoup de ne pas voir certains de ses amis et il se tappe le torse pour dire que ça le blesse. Ca le fait souffir, comme ça nous fait tous mal chaque fois que nous ne trouvons pas la réprocité dans l'affection, ou quand nos amis nous oublient, ou quand un parent s'éloigne de nous. Les blessures d'Osvaldo me rappelle les miennes , seul lui a le courage de parler de cela lors de la prière commune, pas moi.
A différentes occasion, après un jour difficile, avec des disputes ou des tentions, Osvaldo sert la main de Sandra et Maxi lors de la prière et je lui disais : « Après Osvaldo, maintenant nous prions ». Je ne me rendais pas compte que c'était un geste de réconciliation qui venait de sa prière.
Comme le disait Pauline, lorsque je me réfèrais à un de nos amis spéciaux qui n'allait pas bien, elle me répondait : « Il va aller mieux s'il se sent valorisé et reçu par la communauté, malgré toutes les fragilités, limites et pauvreté que nous avons. » Je rends grâce à Dieu pour avoir eu le privilège de connaître Osvaldo et pouvoir grandir dans l'amitié avec lui.
Par Cristina P. - Volontaire de l'Arche d'Argentine
communication
Nouveaux albums photos en ligne
En réponse à la demande de la fédération de collecter du matériel photos et videos des différentes arches, nous avons créé des albums photos des différentes communautés. On peut y acceder en cliquant ici ou via www.arcalatina.org dans la partie GALERIA. Nous demandons aux responsables de foyer d'aller sur ces albums pour mettre des titres aux photos, comme le demande la fédération. On y accède via le USUARIO (utilisateur) : arcalatina et la CONTRASEÑA (mot de passe) : latinoamerica.
Afin de comprendre ce programme de photos (PiCASA), nous avons réalisé une vidéo ( www.youtube.com/VideosParaAprender ) que nous vous recommendons de regarder en plein écran. La vidéo explique simplement la démarche à suivre pour charger, éliminer et encoder les titres des photos. Dans la mesure du possible, nous vous demandons de nommer les photos comme le demande la fédération comme cela fut publié dans le dernier PUNTO DE ENCUENTRO (Point de rencontre) :
Comment faire? En suivant l'information suivante, dans l'ordre suivant :
- Pays (voir plus bas pour le détail, utilisation d'un code) – Nom de la Communauté - Date (ANNEE/MOIS/JOUR) – Sujet de la photo (si c'est possible) – Nom de ceux qui sont sur la photo - Nom de celui qui a fait la photo.
Nous vous rappelons le code de chaque pays : ARGENTINE : RA – BRESIL: BR – REP. DOMINICAINE : DOM – HAITI: RH – HONDURAS : HN2 – MEXIQUE : MEX
Exemple : Comment nommer une photo tirée en République Dominicaine, le 2 novembre, lors de l'Assemblée, où apparaissent Ivan et Chavo Delgado, et dont l'auteur est Maria Mullen? Comme ceci :
Dom-SantoDomingo-071102-Asembléee-Ivan+ChavoDelgado-Mmullen.jpg
Embarcate (Embarque-toi) en Créole
Nous sommes très contents de vous annoncer que notre bulletin « Embarcate » (« Emarque-toi »), non seulement, sera envoyé traduit en français et en portugais, mais aussi en Créole, la langue de Haïti. Cela signifie que toutes les communautés de la Zone d'Amérique Latine et Caraïbe seront en communication et au courant des dernières nouvelles.
Entretien avec Jean Vanier
Pour ceux qui veulent voir une vidéo d'une rencontre récente de Jean Vanier, cliquez ici . Elle a été réalisée aux Etats-Unis, et ce en anglais, mais elle est très recommandée.
COMUNICACION@ARCALATINA.ORG- www.arcalatina.org








